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Olivier Duroy

Olivier Duroy

Les étudiants en détresse face aux restrictions sanitaires

Pensez étudiant

« Pensez étudiant » est un mouvement qui a vu le jour il y a plus ou moins deux semaines suite à un ras le bol chez 3 jeunes après presque un an de crise sanitaire en Belgique. Ils se sont rendu compte que pour bon nombre d’étudiants du supérieur, il y avait de gros problèmes point de vue social, psychologique et financier en cette période anxiogène.

Ils ont décidé de créer une page Facebook dont le but premier est de récolter un maximum de témoignages d’étudiants, de professeurs, et de parents d’élèves en détresse afin d’interpeller les politiques et de libérer la paroles des jeunes. 

Aujourd’hui, Maël, Augustin et Louis ont rassemblé près de 1400 étudiants sur leur page Facebook.

Pour Maël, ce qui est très difficile c’est de rester enfermé dans son kot pour travailler, seul du matin au soir!

Ce qu’ils demandent aux ministres?

  • 50% des cours en présentiel dans les règles sanitaires adéquates. Cela dans le but de permettre une socialisation pour les étudiants isolés ou encore les étudiants en bac 1 qui ne se connaissent pas.

  • Accepter le sport dans les universités et hautes écoles pour décompresser et pouvoir tenir dans cette situation

  • Un meilleur encadrement psychologique

  • Une bulle « Kot » pour les étudiants isolés et pour mieux travailler

De son côté, la ministre de l’Enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles Valérie Glatigny pense qu’un retour partiel en présentiel est essentiel pour soutenir les jeunes. D’après elle, le travail est en cours dans ce sens et en collaboration avec les experts sanitaires et les acteurs du secteur pour un retour sur les bancs le 1 mars. 

Mael

“Un gros problème c’est de rester autant de temps sur les écrans. On nous dit depuis tout petit que ce n’est pas bon d’y être tout le temps et là on nous y oblige!”

Un isolement qui gâche la vie des jeunes

Ces restrictions sont pénibles pour tout le monde.

Mais, imaginez ces jeunes qui rentrent en première année dans le supérieur. Après une rhéto plus que bouleversée sans voyage, sans bal de fin d’année, sans tout ce qui fait que la rhéto puisse être un des meilleurs souvenirs de jeunesse. Imaginez les, en kot, seuls, totalement livrés à eux même! Assis derrière leur écran du matin au soir à regarder un prof qui a, parfois, enregistré son cours et lit celui-ci sans aucune conviction! Auriez-vous toujours cette motivation de travailler et d’étudier pour les examens?

Les journées se ressemblent!  Une envie de se détendre et de passer un peu de temps dans le kot voisin? Attention, vous devenez hors-la-loi!

Un isolement qui pèse lourdement sur le morale des jeunes.  

Il est temps de faire confiance à nos enfants. De leur permettre de se voir en appliquant les consignes de sécurité. De reprendre une vie “normale” en vivant les cours de l’intérieur d’un amphi, de faire du sport, …

Laissez- les vivre! 

Quelques témoignages

"Étant en bac 1, je trouve cette année particulièrement compliquée. Nous n’avons pas eu cours depuis le mois de mars et nous voilà projetés dans un tout autre monde qui demande beaucoup de temps et de travail! Personnellement, j’ai du mal avec les cours en distanciel. Nous n’avons aucun lien avec les profs et même entre nous. Il m’est très compliqué de rester attentive toute une journée dernière mon écran. Si j’ai envie d’arrêter j’arrête. Rien ne m’en empêche! En présentiel, comme je voyais les autres travailler autour de moi, ça me motivait car je n’étais pas seule. Le seul côté positif qu’il y a a ces cours en distanciel c’est que nos cours sont enregistrés et postés sur la plateforme de l’école et nous pouvons y accéder pendant 3 mois. Donc si nous n’avons pas su suivre le cours, ou que nous n’avons pas compris quelque chose, nous pouvons retourner voir l’enregistrement. Au niveau social, c’est très compliqué aussi. Je vis seule dans un studio, je suis seule pratiquement 24h/24. Je continue à sortir et à voir mes amis, mais beaucoup moins souvent et tout le temps avec la boule au ventre de se faire attraper après 22h. Il faut s’organiser pour être sur que tout le monde sache dormir, sinon nous devons écourter la soirée, il ne faut pas faire de bruit, se cacher des fenêtres,... Nous n’avons plus aucune vie. Nous sommes seuls et tristes. Sans savoir quand la situation va s’arranger. L’unif m’a été vendu comme quelque chose d’extraordinaire, on s’amuse, on sort, on rencontre plein de gens géniaux. Ce sont des années à la base inoubliables, les meilleures de notre vie. Au final, nous n’y avons même pas droit, nous sommes privés de notre jeunesse"

Clara, Bac 1 Psycho UCl

Au début du confinement, j’aimais bien le fait qu’on nous impose d’être seul dans le sens où ça m’a fait du bien de ne penser qu’à moi, qu’à ce que j’allais faire de ma journée et vraiment avoir l’impression d’avoir beaucoup de temps devant moi Vers septembre, les bulles de 10 me convenaient vraiment bien pcq on avait un contact et une vie sociale et le fait de ne pas avoir de grosses soirées ne me manquait pas tant que ça Le moment ou c’est devenu compliqué pour moi c’est ce moment vers octobre/novembre où les mesures se sont de nouveau resserrées. J’avais l’impression qu’on repartait du début et le fait que les examens arrivent aussi, ça a beaucoup joué sur mon moral Je suis entrée dans une "lassitude" de mes journées où elles se ressemblaient toutes genre : me lever, manger, travailler, dormir hahha Et un truc qui m’a très fort dérangé dans tout ça c’est le fait que le seul moyen de garder contact c’était via nos téléphones. Je suis quelqu’un qui déteste passer pleins de temps sur mon tel parce que j’ai l’impression que la vie réelle est tellement mieux et j’avais cette impression de devoir me forcer à envoyer des messages pour garder contact

Camille

Depuis 1 an presque, ma vie a été bousculée. Et franchement, contrairement aux experts, je ne vois pas de lumière au bout du tunnel. Je n’ai pas l’impression qu’on va sortir de cette situation qui devient impossible à vivre et anxiogène. Ma vie sociale s’est arrêtée alors que mon cursus scolaire continue, je me demande sans cesse, quand vais-je récupérer une vie normale, et rattraper ce temps perdu à jamais. Je n’ai pas à me plaindre, j’ai su faire mes stages, réussir mon année, mais à quel prix ? Ce semestre, j’ai décidé de ne plus respecter conformément les règles, je revois quelques ami(e)s, je fais quelques fêtes (avec 3-4 amis) car sans, je sais qu’à un moment j’arriverai à un point de non-retour. Cependant, la culpabilité est là de ne pas respecter convenablement les règles mises en place, donc je n’en profiterai jamais pleinement. J’ai pris conscience que mes actes pouvaient être dangereux pour les plus agés, c’est pour ça que je ne reviens plus systématiquement le we chez mes parents. Au niveau études, la charge de travail est plus importante et la majorité des professeurs n’ont pas conscience de ça. Rester 2h attentif à un cours seul chez soi n’est pas ce qui est de plus facile. Les horaires ne sont pas souvent respectés (en auditoire : ils entendaient les sacs se fermer, signe de la fin du cours, ici s’ils dépassent de 5 à 10min, personne ne leur dit rien). De plus, nous n’avons plus cette coupure via le sport, les soirées etc. J’ai vraiment peur de ne faire que travailler (quoi faire d’autre ?) et qu'à un moment ne plus en pouvoir (et je sais que ça va arriver si la situation continue) Heureusement, beaucoup de parents d’étudiants comprennent cette situation et soutiennent les jeunes. Cependant, les décisions politiques n’ont jamais été en notre faveur, quand cela va-t-il changer ?

Lucie

J’ai emménagé avec mon compagnon le 1er mars 2020, environ deux semaines avant la pandémie. Je dois survivre aux cours donnés par des professeurs désemparés face aux méthodes à distance. Ceux qui font de leur mieux pour nous faciliter la vie et ceux qui, simplement, nous abandonnent dans cette marée noire. Les examens, dont les modalités changent à la dernière minute ou les travaux de groupes ingérables à distance… Entendre les porte-paroles des universités dirent qu'il n'y a que peu de risques dans les auditoires car tout le monde respecte bien les mesures. La bonne blague… sont-ils seulement déjà rentrés dans un auditoire ? Les étudiants qui enlèvent leur masque à la pause et qui se collent, les porte-désinfectants vides ou la moitié des élèves qui ne se désinfectent juste pas, les personnes avec leur masque sous leur nez car "tenir 2 heures avec ça bha ça donne chaud", les professeurs qui ne disent rien aux fautifs… Puis il y a les abandons, les amis qui ne viennent plus aux cours car ils ne voient plus d'avenir. J'ai toujours été ce qu'on peut considérer comme une "bonne élève", je n'ai jamais doublé une année. Mais le décrochage commence aussi à avoir raison de moi. J'ai 22 ans, je suis "une jeune". Je dois survivre à la guerre des générations. 60, 50, 40, 30, 20, … tous les âges s'attaquent et se déchirent. C'est une interminable course au "MOI JE souffre plus que toi". Que d'égoïste autour de moi… je commence à perdre fois en l'humain. Chacun a des difficultés. Une génération et ses problèmes n'en sont pas une autre, mais aucune n'est plus valables que sa voisine. Non, nous n’avons pas connu les problèmes de votre époque. Cependant, vous ne vivez pas les soucis actuels comme nous. Ne pas stigmatiser la jeunesse, vous êtes censé être la génération "mature", "responsable", "sage",… Vous défouler sur les plus jeunes n'est pas vraiment en accord avec vos devoirs d'adultes "mûrs". Et la presse qui n'aide pas non plus. 
Des titres tels que "Les jeunes en dépression" suivit de "Encore une lockdown party dans un kot étudiant cette nuit". Ces titres sont telles une caresse suivie d'une gifle. 
"Hooo pauvre étudiant… "SLAP" vilain étudiant ! C'est de ta faute si on a le corona !!". Vous voyez le problème ? Je vis avec une personne à risque. Je dois survivre pour qu'il survive. Si je lâche, il tombe. Si je relâche mon attention, il risque de mourir. 2020, j'ai dû survivre à cette année. Je devrais survivre à 2021. Je dois survivre. Je dois tenir. 
Mais mes doigts lâchent prise… Je me sens oubliée. Personne autour de moi ne vit tout cela… et cela ne semble venir à l'esprit de personne qu'une jeune femme de 22 ans doive supporter cette vie. Quitter son foyer, gérer une maison, gérer ses études, gérer ses relations, gérer la maladie d'un proche, … Gérer pour ne pas craquer. La peur, de l'épuisement mental au bord du burn-out, la surcharge émotionnelle, la dépression, le décrochage… voilà ce que me laisse jusque-là, la crise corona.

X, Master 1 Communication

Pour 2 autres étudiantes qui préfèrent rester anonymesla perte de contact avec les autres étudiants et le fait de passer le plus clair de son temps seul devant son écran procurent une réelle perte de motivation. De plus, selon l’une d’entre elles, les professeurs ne sont pas toujours des plus tolérants vis à vis de la situation avec les Bac 1. 

On ne lâche rien! Courage, vous êtes notre avenir! 💪🚻

Crédits: Pensez Etudiant 

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« Pensez étudiant » est un mouvement qui a vu le jour il y a plus ou moins deux semaines suite à un ras le bol chez 3 jeunes après presque un an de crise sanitaire en Belgique. Ils se sont rendu compte que pour bon nombre d’étudiants du supérieur, il y avait de gros problèmes point de vue social, psychologique et financier en cette période anxiogène.

Ils ont décidé de créer une page Facebook dont le but premier est de récolter un maximum de témoignages d’étudiants, de professeurs, et de parents d’élèves en détresse afin d’interpeller les politiques et de libérer la paroles des jeunes. 

Aujourd’hui, Maël, Augustin et Louis ont rassemblé près de 1400 étudiants sur leur page Facebook.

Pour Maël, ce qui est très difficile c’est de rester enfermé dans son kot pour travailler, seul du matin au soir!

Ce qu’ils demandent aux ministres?

  • 50% des cours en présentiel dans les règles sanitaires adéquates. Cela dans le but de permettre une socialisation pour les étudiants isolés ou encore les étudiants en bac 1 qui ne se connaissent pas.

  • Accepter le sport dans les universités et hautes écoles pour décompresser et pouvoir tenir dans cette situation

  • Un meilleur encadrement psychologique

  • Une bulle « Kot » pour les étudiants isolés et pour mieux travailler

De son côté, la ministre de l’Enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles Valérie Glatigny pense qu’un retour partiel en présentiel est essentiel pour soutenir les jeunes. D’après elle, le travail est en cours dans ce sens et en collaboration avec les experts sanitaires et les acteurs du secteur pour un retour sur les bancs le 1 mars. 



Mael

“Un gros problème c’est de rester autant de temps sur les écrans. On nous dit depuis tout petit que ce n’est pas bon d’y être tout le temps et là on nous y oblige!”

Un isolement qui gâche la vie des jeunes

Ces restrictions sont pénibles pour tout le monde.

Mais, imaginez ces jeunes qui rentrent en première année dans le supérieur. Après une rhéto plus que bouleversée sans voyage, sans bal de fin d’année, sans tout ce qui fait que la rhéto puisse être un des meilleurs souvenirs de jeunesse. Imaginez les, en kot, seuls, totalement livrés à eux même! Assis derrière leur écran du matin au soir à regarder un prof qui a, parfois, enregistré son cours et lit celui-ci sans aucune conviction! Auriez-vous toujours cette motivation de travailler et d’étudier pour les examens?

Les journées se ressemblent!  Une envie de se détendre et de passer un peu de temps dans le kot voisin? Attention, vous devenez hors-la-loi!

Un isolement qui pèse lourdement sur le morale des jeunes.  

Il est temps de faire confiance à nos enfants. De leur permettre de se voir en appliquant les consignes de sécurité. De reprendre une vie “normale” en vivant les cours de l’intérieur d’un amphi, de faire du sport, …

Laissez- les vivre! 

Quelques témoignages

“Étant en bac 1, je trouve cette année particulièrement compliquée.
Nous n’avons pas eu cours depuis le mois de mars et nous voilà projetés dans un tout autre monde qui demande beaucoup de temps et de travail!
Personnellement, j’ai du mal avec les cours en distanciel. Nous n’avons aucun lien avec les profs et même entre nous. Il m’est très compliqué de rester attentive toute une journée dernière mon écran. Si j’ai envie d’arrêter j’arrête. Rien ne m’en empêche! En présentiel, comme je voyais les autres travailler autour de moi, ça me motivait car je n’étais pas seule.
Le seul côté positif qu’il y a a ces cours en distanciel c’est que nos cours sont enregistrés et postés sur la plateforme de l’école et nous pouvons y accéder pendant 3 mois. Donc si nous n’avons pas su suivre le cours, ou que nous n’avons pas compris quelque chose, nous pouvons retourner voir l’enregistrement. Au niveau social, c’est très compliqué aussi. Je vis seule dans un studio, je suis seule pratiquement 24h/24. Je continue à sortir et à voir mes amis, mais beaucoup moins souvent et tout le temps avec la boule au ventre de se faire attraper après 22h. Il faut s’organiser pour être sur que tout le monde sache dormir, sinon nous devons écourter la soirée, il ne faut pas faire de bruit, se cacher des fenêtres,… Nous n’avons plus aucune vie. Nous sommes seuls et tristes. Sans savoir quand la situation va s’arranger. L’unif m’a été vendu comme quelque chose d’extraordinaire, on s’amuse, on sort, on rencontre plein de gens géniaux. Ce sont des années à la base inoubliables, les meilleures de notre vie. Au final, nous n’y avons même pas droit, nous sommes privés de notre jeunesse”

Clara, Bac 1 Psycho UCl

Au début du confinement, j’aimais bien le fait qu’on nous impose d’être seul dans le sens où ça m’a fait du bien de ne penser qu’à moi, qu’à ce que j’allais faire de ma journée et vraiment avoir l’impression d’avoir beaucoup de temps devant moi
Vers septembre, les bulles de 10 me convenaient vraiment bien pcq on avait un contact et une vie sociale et le fait de ne pas avoir de grosses soirées ne me manquait pas tant que ça
Le moment ou c’est devenu compliqué pour moi c’est ce moment vers octobre/novembre où les mesures se sont de nouveau resserrées. J’avais l’impression qu’on repartait du début et le fait que les examens arrivent aussi, ça a beaucoup joué sur mon moral
Je suis entrée dans une “lassitude” de mes journées où elles se ressemblaient toutes genre : me lever, manger, travailler, dormir hahha
Et un truc qui m’a très fort dérangé dans tout ça c’est le fait que le seul moyen de garder contact c’était via nos téléphones. Je suis quelqu’un qui déteste passer pleins de temps sur mon tel parce que j’ai l’impression que la vie réelle est tellement mieux et j’avais cette impression de devoir me forcer à envoyer des messages pour garder contact

Camille




Depuis 1 an presque, ma vie a été bousculée. Et franchement, contrairement aux experts, je ne vois pas de lumière au bout du tunnel. Je n’ai pas l’impression qu’on va sortir de cette situation qui devient impossible à vivre et anxiogène. Ma vie sociale s’est arrêtée alors que mon cursus scolaire continue, je me demande sans cesse, quand vais-je récupérer une vie normale, et rattraper ce temps perdu à jamais. Je n’ai pas à me plaindre, j’ai su faire mes stages, réussir mon année, mais à quel prix ?
Ce semestre, j’ai décidé de ne plus respecter conformément les règles, je revois quelques ami(e)s, je fais quelques fêtes (avec 3-4 amis) car sans, je sais qu’à un moment j’arriverai à un point de non-retour. Cependant, la culpabilité est là de ne pas respecter convenablement les règles mises en place, donc je n’en profiterai jamais pleinement. J’ai pris conscience que mes actes pouvaient être dangereux pour les plus agés, c’est pour ça que je ne reviens plus systématiquement le we chez mes parents.
Au niveau études, la charge de travail est plus importante et la majorité des professeurs n’ont pas conscience de ça. Rester 2h attentif à un cours seul chez soi n’est pas ce qui est de plus facile. Les horaires ne sont pas souvent respectés (en auditoire : ils entendaient les sacs se fermer, signe de la fin du cours, ici s’ils dépassent de 5 à 10min, personne ne leur dit rien). De plus, nous n’avons plus cette coupure via le sport, les soirées etc. J’ai vraiment peur de ne faire que travailler (quoi faire d’autre ?) et qu’à un moment ne plus en pouvoir (et je sais que ça va arriver si la situation continue)
Heureusement, beaucoup de parents d’étudiants comprennent cette situation et soutiennent les jeunes. Cependant, les décisions politiques n’ont jamais été en notre faveur, quand cela va-t-il changer ?

Lucie

J’ai emménagé avec mon compagnon le 1er mars 2020, environ deux semaines avant la pandémie.
Je dois survivre aux cours donnés par des
professeurs désemparés face aux méthodes à distance. Ceux qui font de leur mieux pour nous faciliter la vie et ceux qui, simplement, nous abandonnent dans cette marée noire.
Les examens, dont les modalités changent à la dernière minute ou les travaux de groupes ingérables à distance…
Entendre les porte-paroles des universités dirent qu’il n’y a que peu de risques dans les auditoires car tout le monde respecte bien les mesures. La bonne blague… sont-ils seulement déjà rentrés dans un auditoire ? Les étudiants qui enlèvent leur masque à la pause et qui se collent, les porte-désinfectants vides ou la moitié des élèves qui ne se désinfectent juste pas, les personnes avec leur masque sous leur nez car “tenir 2 heures avec ça bha ça donne chaud”, les professeurs qui ne disent rien aux fautifs…
Puis il y a les abandons, les amis qui ne viennent plus aux cours car ils ne voient plus d’avenir.
J’ai toujours été ce qu’on peut considérer comme une “bonne élève”, je n’ai jamais doublé une année. Mais le décrochage commence aussi à avoir raison de moi.
J’ai 22 ans, je suis “une jeune”.
Je dois survivre à la guerre des générations.
60, 50, 40, 30, 20, … tous les âges s’attaquent et se déchirent.
C’est une interminable course au “MOI JE souffre plus que toi”.
Que d’égoïste autour de moi… je commence à perdre fois en l’humain.
Chacun a des difficultés. Une génération et ses problèmes n’en sont pas une autre, mais aucune n’est plus valables que sa voisine.
Non, nous n’avons pas connu les problèmes de votre époque. Cependant, vous ne vivez pas les soucis actuels comme nous.
Ne pas stigmatiser la jeunesse, vous êtes censé être la génération “mature”, “responsable”, “sage”,… Vous défouler sur les plus jeunes n’est pas vraiment en accord avec vos devoirs d’adultes “mûrs”.
Et la presse qui n’aide pas non plus. 
Des titres tels que “Les jeunes en dépression” suivit de “Encore une lockdown party dans un kot étudiant cette nuit”. Ces titres sont telles une caresse suivie d’une gifle. 
”Hooo pauvre étudiant… “SLAP” vilain étudiant ! C’est de ta faute si on a le corona !!”. Vous voyez le problème ?
Je vis avec une personne à risque.
Je dois survivre pour qu’il survive.
Si je lâche, il tombe.
Si je relâche mon attention, il risque de mourir.
2020, j’ai dû survivre à cette année.
Je devrais survivre à 2021.
Je dois survivre. Je dois tenir. 
Mais mes doigts lâchent prise…
Je me sens oubliée. Personne autour de moi ne vit tout cela… et cela ne semble venir à l’esprit de personne qu’une jeune femme de 22 ans doive supporter cette vie.
Quitter son foyer, gérer une maison, gérer ses études, gérer ses relations, gérer la maladie d’un proche, … Gérer pour ne pas craquer.
La peur, de l’épuisement mental au bord du burn-out, la surcharge émotionnelle, la dépression, le décrochage… voilà ce que me laisse jusque-là, la crise corona.

X, Master 1 Communication

Pour 2 autres étudiantes qui préfèrent rester anonymesla perte de contact avec les autres étudiants et le fait de passer le plus clair de son temps seul devant son écran procurent une réelle perte de motivation. De plus, selon l’une d’entre elles, les professeurs ne sont pas toujours des plus tolérants vis à vis de la situation avec les Bac 1. 

On ne lâche rien! Courage, vous êtes notre avenir! 💪🚻



Crédits: Pensez Etudiant 

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